Week-end à Shanghai

Aussi étonnant que cela puisse paraître, après tant de semaines à courir pour préparer notre installation en Chine, ce n’est pas à Zhuhai que nous avons passé notre premier week-end. Nous sommes partis pour Shanghai pour aller voir d’une part Yuki, la meilleure amie de Shanghai de Julie, d’autre part Kwakwa, notre filleule dont la mère est Shanghaienne et qui justement passait son dernier week-end à Shanghai avant de rentrer en France. Nous sommes partis samedi matin vers 6h, au levé du soleil. Nous aurions souhaité réserver un taxi chinois, via l’application DiDi, mais n’ayant pas encore de compte bancaire local, nous ne pouvions pas. Heureusement, Florian et Élodie, les collègues de Julie, avaient le contact WeChat d’un chauffeur de taxi qui parle anglais, le fameux Charlie. C’est donc auprès de lui que nous pensions faire la grosse heure de route qui nous séparait de l’aéroport. Finalement, c’est un neveu de Charlie qui nous y conduit, l’occasion de traverser Zhuhai et de s’enfoncer dans les terres. Il y a eu un petit blocage pour passer les contrôles de sécurité : le billet de Julie était au nom de Gauthier/Julie/Carol et non Caroline faute de place pour écrire Caroline en entier ce qui a complètement déstabilisé l’agente de sécurité… Les chinois ont déjà un mal fou avec les lettres latines, mais en plus, il ne connaissent pas le concept de deuxième prénom. Finalement, l’agente a laissé passer Julie. Arrivés dans le terminal, la porte d’embarquement de notre vol n’était plus celle annoncée sur notre billet, nous avons mis un temps fou à le comprendre. Sur les panneaux d’affichage, on voyait que de nombreux vols avaient été annulés en raison des conditions météorologiques, nous devenions petit à petit certains que notre vol était annulé. Finalement, il était simplement retardé d’une grosse heure.

Arrivés à l’aéroport de Pudong à Shanghai, en tant que gros touristes, nous avons pris le Maglev pour se rendre dans le centre-ville. Nous n’avions pas eu l’occasion de le prendre en 2017 car il y avait un bus direct entre l’aéroport et l’appartement de Julie. Ce train magnétique, le seul à grande vitesse du monde, peut rouler jusqu’à 430km/h en heure creuse (encore un fleuron technologique que les chinois exhibent, mais bien loin d’être rentable). Il était limité à 300km/h pour nous, vu notre horaire d’arrivée. C’est déjà impressionnant, il atteint sa vitesse maximale en deux bonnes minutes et on ne sent aucune vibration ! Il relie le centre de Shanghai à l’aéroport en moins de 8 minutes. Arrivés à son terminus, nous nous sommes arrêtés pour manger avant de rejoindre KwaKwa et  sa maman ChinChin chez elles.

Steak à Shanghai

ChinChin avait du vrai café dans une vraie cafetière mocha ! Le luxe ! Nous qui pensions ne plus toucher au café pendant plusieurs années… En fin d’après-midi, nous sommes allés au centre commercial de ZhongShan Park pour amener KwaKwa jouer au « Tramoshong ».

KwaKwa et Didier au Tramoshong, jouant aux pompiers.

Les centres commerciaux ne sont pas ceux qu’on connaît en Europe : de véritables villes climatisées sur des dizaines d’étages, aux incroyables puits centraux traversés d’escalators transversaux tels les escaliers de Poudlard ! C’est un régal de dépaysement, et on y croise des restaurants tous plus appétissants les uns que les autres (vous savez, en Chine ils ont tendance à exhiber leurs plats en photos devant les enseignes, voilà qui a de quoi faire craquer facilement les passants surtout à des heures si proches du dîner). Mais heureusement nous ne sommes pas seuls : outre KwaKwa et ChinChin, nous allons rejoindre Yuki et la maman chinoise de Julie pour dîner tous ensemble. C’est ChinChin qui choisit un restaurant, et pas des moindres ! Il s’agit d’un célèbre restaurant d’oie EFuRen, jadis paraît-il étoilé au guide Michelin ! Évidemment, il y a une attente conséquente, nous prenons donc notre réservation pour une heure après et c’est parti pour le Tramoshong !

Centre commercial à Zhongshan Park (Shanghai)

En fait il s’agit de Tom’s World, une grande galerie de jeux où Kwakwa se régale souvent. Des dizaines, des centaines de jeux d’arcade et de petits divertissement avec une ambiance de foire à portée de main. Il ne reste qu’à mettre ses jetons pour pouvoir y jouer, gagner plein de tickets cadeau et aller en échanger contre des cadeaux. On aperçoit même des gens avec des remorques entières de tickets à attendre qu’ils soient décomptés proprement au comptoir. Mais peu importent les cadeaux, il faut jouer ! Bowling, pompiers luttant contre les incendies, jeux de tir, pinces pour attraper les cadeaux qui ne marchent jamais, et tant de challenges qui ont l’air si simple et de fait deviennent si addictifs. Le temps passe, mais quel régal ! Malheureusement, il est rapidement temps de retourner au restaurant, où les oies et tant de merveilles nous attendent.

Que de tickets de Tramoshong !

Enfin assis à une table de ce restaurant tant attendu, il ne manque pas d’effervescence de serveurs qui courent dans toutes les directions. Chinchin et la maman shanghaienne de Julie se chargent de la commande, nous pouvons donc nous concentrer sur la dégustation : une succulente et juteuse oie, accompagnée de baozi à l’étrange pâte jaune et sucrée, de bouchées aux crevettes délicieuses, de bœuf aigre-douce avec ses fruits, d’incroyables boulettes de viande à la ciboulette japonaise, un grand poisson arrivé un peu trop tardivement, et même d’un petit cygne en pâte feuilletée et farci à la pâte de haricot rouge. Quel régal, beaucoup de finesse et surtout des quantités astronomiques comme toujours lors des repas chinois, on se demande encore comment on a pu tant manger (mais bien évidemment pas tout finir, voilà qui n’arrive jamais, aussi scandaleux que soit tout ce gaspillage). Merci à QingPing, la maman d’Angeline pour ce délicieux restaurant !

EFuRen : Madam Goose

Après le repas, QingPing nous quitte pour rentrer chez elle. Yuki, ChinChin, KwaKwa et nous nous rendons à l’auberge de jeunesse que nous avions réservée pour y poser nos affaires puis boire un verre dans le bar en bas de l’auberge. Il s’agit de la Shanghai Rock and Wood Youth Hostel où Julie avait passé une semaine en juillet 2013 lors d’une conférence de maths. Nous buvons des bières en discutant pendant que KwaKwa apprend à jouer au billard. Il se fait de plus en plus tard et ChinChin et KwaKwa finissent par rentrer chez elles. Nous avons enfin l’occasion d’offrir son cadeau à Yuki. Il s’agit d’une jarretière rouge à porter le jour de son mariage. En effet, Yuki se marie avec Sylvain le 22 février à la fin des vacances du nouvel an chinois, et Julie sera sa demoiselle d’honneur.

Jardin autour de l’auberge de jeunesse Rock and Wood à Shanghai

Le lendemain matin, nous sommes retournés passer un petit moment avec KwaKwa avant de rejoindre Yuki pour déjeuner, sous la pluie, ce qui ne nous fait plus peur ! Au menu, les habituelles tripes, de délicieux bouts de colon, et des légumes pour la couleur. Bizarrement, dans ce restaurant Honkongais, une des spécialité locale semble être le pain (un peu sucré) au beurre.

Déjeuner avec Yuki

Au programme de l’après-midi : essayage de la robe de demoiselle d’honneur. Nous avons choisi la seule qui allait, une robe longue, bustier, violet clair avec un ruban violet foncé autour de la taille. Avant de retourner à l’aéroport, nous avons fait un saut à la Bamba pour y boire une bière, le bar sympa et pas cher à côté de l’université Fudan, où travaillait Julie en 2017. Ensuite, Yuki nous a raccompagné à l’aéroport en Maglev, puis nous avons pris l’avion sans encombre pour rentrer.

A Shanghai, il pleut aussi !

Arrivés à l’aéroport de Zhuhai, il n’y avait plus de bus pour Tangjia, donc nous avons pris un taxi. En sortant de l’aéroport, nous avons vu ça :

Aéroport de Zhuhai

D’après vous, à quoi sert ce gros boudin ?

4 réflexions sur “Week-end à Shanghai”

  1. Quel plaisir de lire votre blog ! Merci de nous faire partager votre quotidien et la prose du Judier est très agréable à lire.
    J’ai trouvé l’erreur et ça m’a fait beaucoup rire. Pour le boudin, je propose l’évacuation de l’air chaud pour la clim mais sans conviction.
    Bises à tous les deux.

    Môman

  2. Nous sommes ravis de partager notre enthousiasme débordant pour cette nouvelle vie, avec toutes ses merveilles et ses surprises ! Notamment ce boudin… qui ne sert pas à évacuer l’air de la clim ! (mais c’est très bien tenté ^^)

    • Je viens tout juste de parcourir votre blog sans vraiment le lire mais c’est une excellente idée de partager ces moments avec nous. Ainsi je pourrais le montrer à Mamou pour qu’elle puisse suivre vos aventures chinoises.
      Concernant le boudin je pense que c’est pour éviter les inondations ….

      Profitez bien et portez vous bien. Gros bisous à vous deux.
      Georges

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