Retrouvailles avec Hong Kong

Nous venons d’arriver à Hong Kong, pour un week-end un peu forcé d’où nous espérons ressortir avec un visa pour Didier ! Mais ce sera toutefois une belle occasion de découvrir vraiment Hong Kong (contrairement à l’urgence nocturne et léthargique de la première nuit, entre l’avion depuis Paris et Zhuhai, dans un quartier peu chaleureux et une auberge des plus miteuses). Quitte à y être, autant en profiter !

Vue depuis le Star Ferry Terminal

Le temps est radieux et nous découvre une ville haute en couleurs, bien loin du triste voile gris qui y régnait lors de notre premier passage ! Nous retrouvons Claire et Charlie, des amis de Julie. Les rues sont bondées, on est pris dans les flots incessants de personnes, un chaos humain qui pourtant semble organisé : aucun choc, chacun reste dans son courant. Les chinois vivent avec, faisant abstraction de tout. Ce qui frappe en premier est cette effervescence, ce ballet incessant de personnes, de voitures, de bus, de trams. De grandes routes aériennes traversent la ville, et des échangeurs tentaculaires se mélangent au sol avec les trottoirs piétons, en plein cœur du centre-ville. Puis nous trouvons le temps de regarder autour de nous après avoir assimilé ce fonctionnement digne d’une fourmilière. Les yeux trouvent leur chemin et apparaît le paysage hongkongais, pavant le ciel de tours et d’enseignes, entre ciel et terre est cousue une dentelle d’acier et de lumière.

Nous reconnaissons quelque peu l’urgence de Paris, mais différemment. Ici, nul écart dans la rue : les gens marchent droit (mais à gauche, tout comme les voitures), respectent consciencieusement le silence dans le bus (qui ont deux étages) et laissent les gens sortir des rames. Personne à gauche (étrangement) dans les escalators, aucun esclandre dans les queues et aux stands d’informations. En cela, nous voilà bien loin de la Chine ! La ville est vivante, tout est en mouvement, on croirait que Hong Kong est un marché, une foire, un festival. Les trottoirs sont pavés d’échoppes, comptoir sur rue, chacun se servant et discutant. Après quelques dim sums, copieux et savourés sur le bord d’un trottoir au pied d’un de ces géants de béton bien hongkongais, direction l’Ozone. Apparemment c’est un bar où nous devons aller, même si c’est un peu cher. Nous prenons donc le métro pour sortir dans un centre commercial. Nous nous rendons rapidement compte du standing : le centre apparaît comme un temple du luxe où seuls officient Vuitton, Cartier et Yves Saint-Laurent.  Les élégants escalators continuent de s’enchaîner, jusqu’à arriver à l’entrée du… Ritz-Carlton local ! Voilà qui dépayse, qui nous mettrait même mal à l’aise si on regardait de trop près nos accoutrements de touristes plutôt préparés à la randonnée qu’au dîner mondain. Enfin, montons encore, traversant des halls aux lustres démesurés, pour aller prendre l’ascenseur : direction le 103e ! Les oreilles claquent. Bientôt, nous arrivons à l’entrée de service (nous n’allons quand même pas souiller les grands tapis rouges du Ritz), pour prendre un second ascenseur : celui qui va du 103e au 118e ! Enfin, voilà le bar ! Le plus haut bar du monde (enfin, disons qu’on comprend ce qu’ils veulent dire) : 490m au-dessus du sol, juste au bord de la mer. Par-delà tout le faste des lieux, chaleureux et tamisés d’une agréable lumière rose, par-delà les prix et le luxe ambiant, c’est la vue qui surprend et envoûte.

Vue depuis le bar Ozone

Le lendemain, c’est le grand jour : le rendez-vous pour le visa. Nous arrivons fort en avance, heureux d’avoir pensé à réserver et donc de pouvoir doubler toute la file d’attente. Apparemment, la coutume ici est de faire ses démarches directement sur place, sans avoir réservé ni préparé ses papiers. Quoi qu’il en soit le standing est à l’image qu’on a de Hong Kong, soigné et élégant. L’architecture d’intérieur n’a pas été laissée au hasard, avec de beaux accords de couleurs, des piliers et comptoirs stylisés et une ambiance chaleureuse. Voilà qui change du centre de visas parisien, froid et industriel. La vue est semble-t-il incroyable mais sous ce déluge brumeux rien n’en ressort. Nos préoccupations sont ailleurs : les numéros s’enchaînent à une vitesse incroyable, les 20 comptoirs fonctionnant avec une efficacité redoutable. Chaque numéro pourrait être le nôtre, à cause de la demi-douzaine de types de numéros qui coexistent. Une partie conséquente des gens repartent avec leurs passeports, résignés. L’échec commence à se laisser entrevoir, peut-être que ce n’est pas si facile que ça en a la réputation, peut-être qu’il vont commencer à se méfier, peut-être même imagineraient-ils que je voudrais travailler en Chine avec un visa touriste (quelle idée !) D’autant plus que c’est la première fois que nous essayons de faire un visa avec une lettre d’invitation. On repasse en revue tous les papiers. Dans le doute, refaisons des photos sur fond blanc (les photos officielles chinoises ont tendance à être sur fond rouge ou bleu). Puis peu avant notre tour, Julie pense au certificat d’assurance, heureusement Didier peut le récupérer sur Internet, et des ordinateurs sont à disposition pour imprimer (grâce à notre Octopus, la carte de transport locale, qui sert aussi à payer à peu près tout). Enfin le grand moment arrive, et tout se passe sans encombres. On a même le droit (après avoir payé la modique somme de 1520 HK$) à un smiley de la part de la caissière. Ouf, on espère que c’est bon (même si le visa peut encore être refusé).

Au retour du centre de visa, nous nous arrêtons dans un magasin de fringues qui avait tapé dans l’œil de Julie. En plus de vêtements, cette petite boutique, tenue par une hongkongaise adorable qui fabrique elle-même ses articles avec l’aide de son mari, vend aussi des bijoux et des bibelots tous à l’image de la chouette. Julie refait sa garde-robe. Puis, nous allons passer l’après-midi à travailler dans un café.

Quelle chouette boutique !

La nuit vient de tomber. Après plus d’une heure de queue nous voilà enfin devant du tram tant attendu. Il s’agit de l’ancien tram qui monte tout tout en haut de Victoria Peak, le sommet de Hong Kong. Il faut jouer des coudes pour arriver à rentrer et à s’installer confortablement à côté des fenêtres.

Avant ça, nous étions partis en bus depuis l’hôtel où nous passons nos nuits en attendant le visa de Didier. La plupart des bus et des trams de la ville sont à deux étages, à l’anglaise. Ici, on roule à gauche, et les prises électriques sont les mêmes que de l’autre côté de la Manche. L’anglais est beaucoup plus maîtrisé par les locaux qu’à Pékin ou Shanghai. Les gens parlent aussi mandarin et cantonais. Bref, aucun problème de communication !

Notre coup de cœur

Mais revenons à ce tram incroyable qui escalade le Pic Victoria. Escalader, c’est bien le mot pour décrire la situation. Bien assis sur nos sièges, ont vois tout les immeubles excessivement penchés. Il nous semble que la pente est tellement abrupte que l’angle entre le sol du tram et l’horizontale dépasse 45°. En parlant de degrés, la chaleur n’est pas étouffante aujourd’hui: il fait frais, et une brise agréable décoiffe les cheveux de Julie. L’ascension ne dure que quelques minutes pendant lesquelles le dépaysement est total. La sensation que le monde a subit une rotation nous envahit. Dans le même temps, la pression baisse, nous le ressentons dans nos oreilles.

Dans le tram du Victoria Peak

Arrivés en haut, l’ascension continue. Ce sont maintenant des escalators qui s’enchaînent jusqu’à arriver sur la Sky Terrace, à 428 mètres au dessus de la mer. Nous surplombons la ville, au dessus des immenses gratte-ciel tous plus magnifiquement illuminés les uns que les autres. La pause s’impose devant cette vue époustouflante !

Vue depuis la Sky Terrace

Puis, nos ventres commencent à gargouiller. Nous cherchons un restaurant. Les escalators traversent un centre commercial, ce qui nous facilite la tâche. C’est un restaurant de dim sums, les vapeurs locales, qui a attiré notre attention. Malheureusement, il est complet et malgré la bonne volonté de l’hôtesse, on ne nous laisse pas rentrer. Déçus, nous nous rabattons sur… le Burger King. Sûrement celui ayant la plus belle vue du monde !

Nos estomacs bien débordant de gras, nous faisons de nouveau la queue pour redescendre. La descente se fait dos à la pente et est tout aussi impressionnante que la montée. Là aussi, il faut jouer des coudes pour trouver une place assise. À l’arrivée en bas, la queue pour monter n’est plus là. Aussi, nous vous conseillons de monter vers 9h le soir si vous souhaitez profiter de ce panorama hors pair de nuit, d’autant que le dernier tram part à minuit.

Ce petit passage à Hong Kong est déjà terminé pour Julie, qui doit rentrer promptement pour donner ses khôlles le lendemain (celles de Didier ont déjà été décalées à samedi, espérons qu’il puisse rentrer avant). Il était bref, mais cette fois nous sommes certains que nous reviendrons avec plaisir.

2 réflexions sur “Retrouvailles avec Hong Kong”

    • Cot,
      Prévois un mois de vacances !
      On peut passer à HK au retour j’y suis allé il y a longtemps et j’aimerai revoir Stinson beach et son marché.
      Bises à tous Sylvie

      je mail la photocopie de mon passeport.

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