L’anniversaire de Mao

Le saviez-vous ? Le premier octobre est la fête nationale en Chine. C’est l’anniversaire du parti communiste chinois. Pour simplifier, nous parlons donc de l’anniversaire de Mao. Mais dans les faits, les Chinois appellent cette période la Golden Week ! En effet, une semaine de vacances vaut de l’or ! Je vous rassure, on a quand même rattrapé deux jours de travail pendant le week-end précédant le lundi 1er octobre. Ensuite, nous avons profité de nos vacances pour… travailler, mais pas que !

Nous sommes restés à Zhuhai cette semaine, n’ayant rien pu prévoir à l’avance à cause d’un certain visa manquant… Nous avons profité de cette semaine pour découvrir un peu plus notre ville. Jusqu’à présent, on ne s’était baladés que dans Tangjia et les environs de la fac, sauf évidemment quand nous avons dû parcourir Zhuhai de long en large pour essayer de renouveler le visa de Didier. À ce moment là, nous n’avions pas vraiment pris le temps de profiter, emportés par l’urgence et le stress…

Une des choses que nous voulions particulièrement faire était de nous rendre à vélo sur une mystérieuse île, non loin de la maison. Non non, nous ne parlons pas de Hong Kong, nous ne sommes pas malades au point de traverser 50 km de pont et de tunnel à vélo, sur et sous la mer… C’est jusqu’à l’île de Qi’ao que nous avons donc pédalé pendant une petite heure.

Le rude pont venteux de Qi’ao

En arrivant sur l’île, une plage s’étalait sur notre droite mais nous avons préféré nous rendre au village, seule zone civilisée de cette île essentiellement faite de collines boisées qui n’appellent qu’à la randonnée. Nous n’avons pas été déçus ! Essentiellement, le village s’articule autour d’une ruelle où grouillent les vendeurs de poissons séchés, et quelques boutiques de souvenirs à base de coquillages et de plastique fluo.

Quel bel étal de mer !

Baignant dans cette odeur fétide de poisson pourri, entre les sachets d’hippocampes séchés et les tas d’étoiles de mer en vente, nous avons aussi découvert deux petits temples bouddhistes et un café dans lequel nous avons pu goûter, à onze heures du matin… une délicieuse liqueur de rose !

La liqueur de rose locale accompagnée de ses apéritifs, rien de tel pour une petite pause travail !

Le village était très vivant en cette période festive pendant laquelle les touristes Chinois et leurs enfants s’en donnent à cœur joie ! Nous en gardons un très bon souvenir et y retournerons probablement. Le soir venu, rentrant à la maison,  nous avons profiter du dernier jour où la piscine était ouverte pour y faire un plouf.

Deux jours plus tard, suite à une proposition de Florian et Élodie, les collègues de Julie, nous avons visité le nouveau palais d’été, accompagnés aussi de Damien et Pierre. Cet immense parc, si on peut vraiment le désigner comme tel, est une « reconstitution » du palais d’été de Pékin, qui elle-même est une reconstitution de l’ancien palais d’été de Pékin, saccagé par les armés française et anglaise lors d’une des guerres de l’opium.

Une médiocre réplique de celui de Pékin, mais c’est mieux que rien !

En réalité, il n’a absolument rien à voir avec la reconstitution pékinoise que ce soit en terme d’ambiance ou de magnificence. Nous avons néanmoins passé un très bon moment tous les cinq dans cette atmosphère de fête foraine, entourés d’une foule de Chinois. En faisant le tour du lac, nous avons découvert un parc aquatique, qui fermait le lendemain sous prétexte qu’il ne fait pas assez chaud sous les tropiques… Il y avait ensuite un mini parc d’attractions avec notamment des montagnes russes dans lesquelles les Chinois devaient pédaler pour faire avancer leur wagon… Le lac était aussi sans cesse sillonné par des pédalos en forme de canard jaune.

Les canards jaunes de Zhuhai

Puis, en continuant le tour, nous sommes arrivés aux œufs. Nous avons pris les télécabines, comme au ski, pour monter au sommet d’un petit pic montagneux en haut duquel il n’y avait finalement pas grand chose à voir, mais où nous avons eu le plaisir de savourer de l’eau de coco dans sa noix tout en admirant Macao.

Une eau de coco bien fraîche devant la skyline de Macao

Pendant l’ascension, nous avions remarqué un petit pavillon auquel nous sommes alors allés à pied avant de poursuivre la descente. Ce n’était pas grand chose, et nous aurions probablement pu monter à pied plutôt qu’en œufs.

La clique de l’Ifcen sur le toît de Zhuhai

Arrivés en bas, nous sommes passés devant une immense scène où un magicien jouait des tours devant les yeux grand ouverts (enfin plus ou moins…) des enfants Chinois. Continuant notre tour, nous sommes arrivés sur un marché culinaire et avons tous (sauf Julie) goûté à cette spécialité dont l’odeur putride en ferait pâlir de honte les poissons séchés de Qi’ao et les fromages d’Époisse. Nous parlons bien évidemment du Chou Tofu, littéralement Tofu puant, que Julie a toujours volontairement traduit par Tofu pourri. Tout compte fait, ce n’était pas mauvais, une fois en bouche et plus devant nos narines. Notre périple de ce jour s’est terminé par un petit détour au marché aux antiquités.

Battre la pâte à la chinoise

Le lendemain, de nouveau tous les deux, nous nous sommes baladés dans Tangjia et au parc Gong Le Yuan. C’est un parc fort agréable et qui a le bon goût d’être tout prêt de la maison. Il y a notamment un ancien observatoire tout à fait pittoresque et quelques pavillons. On y trouve aussi la résidence du premier premier ministre chinois ainsi qu’une forêt de bonsaïs. Tout comme Tangjia, ce parc est bien vivant, peuplé de Chinois de 7 à 77 ans.

Gongle Yuan

Le surlendemain, c’était le grand jour pour notre grande aventure tant attendue ! Derrière la fac, au Sud, s’étend une immense montagne : le Mont Phénix, où nous avions pour projet de randonner. Après moult recherches plus ou moins fructueuses sur Internet, nous avions localisé un endroit d’où partait un chemin pour monter jusqu’au sommet. Nous avions aussi entendu parlé de l’ancien village Meixi qui valait le détour et qui se situait tout près de ce mystérieux chemin. Accompagnés de Florian et Pierre, nous voilà donc en route pour Meixi, à l’attaque de la montagne.

Les arches de granite centenaire de Meixi

L’entrée à Meixi était payante, et c’était vraiment décevant. Nous avons rapidement fait le tour de ce village vide et abandonné jusqu’à l’arrivé d’un car de touristes Chinois. Nous avons assisté à un spectacle de danse puis sommes partis en direction du chemin en bus.

Danse et masques à Meixi

Nous sommes descendus à l’arrêt Putuo Shi d’où partait vraisemblablement le chemin, mais à Putuo Shi, c’est en réalité tout autre chose que nous avons découvert. Un immense monastère, là, au milieu de nul part ! Nos yeux n’en pouvaient plus de cette explosion de couleurs vives ! Nous avons eu la chance d’assister à une célébration des moines, avec chants et prières. Mais, nous n’étions pas venu pour trouver la voie de l’Éveil, mais pour trouver le chemin vers le Mont Phénix. Nous avons donc quitté le temple, vers onze heures, sous un soleil de plomb.

Enfin, nous voilà arrivés à l’orée du chemin. Un Chinois garde forestier prend nos noms et nous laisse rentrer. Nous nous rendons toutefois compte que notre carte ne référence aucun des chemins du Mont Phénix, mais Florian arrive à la rescousse avec une autre application mobile sur laquelle ils sont représentés. Nous montons doucement, longeant un joli petit lac, au calme, sans personne autour. Le soleil tape de plus en plus fort. Puis, la véritable ascension commence et nous sommes vraiment obligés de mettre à profit nos quatre membres pour grimper.

L’enthousiasme triomphant contre le mont Phénix

Le sol est glissant. Le soleil tape. Nous avions prévu une petite balade. Nous avions aussi prévu de commencer à randonner vers neuf heures, afin d’éviter le cagnard. Il est midi, nous sommes à peine à mi-chemin du sommet. Nous avons déjà croisé quelques Chinois qui descendaient. La carte de Florian semble indiquer que l’on peut traverser et sortir de l’autre côté du Mont Phénix, c’est ce que nous décidons de faire au vu de la montée abrupte que nous venons déjà de gravir. Vers treize heures, nous voilà au sommet, économisant l’eau, ventres vides, n’ayant pas prévu une si longue excursion.

En guise de trophée, une vue paradisiaque sur la maison !

Nous longeons les crêtes. La vue est magnifique. Nos regards portent au loin, jusqu’à Macao d’un côté. Nous distinguons le pont pour Hong-Kong d’un autre côté. Nous voyons aussi l’université et nos résidences respectives. Le plus éblouissant reste ce lac dont l’eau bleue presque turquoise se marie parfaitement bien avec le vert flamboyant de la flore et l’ocre chaleureux des rochers qui l’entourent. Maintenant, on attaque la longue descente de l’autre côté de la montagne. On marche encore deux bonnes heures avant de sortir du Mont Phénix, épuisés, affamés, assoiffés. Après avoir trouvé une supérette où s’abreuver, nous attendons un taxi pendant quelques dizaines de minutes pour qu’il nous ramène à la maison où nous ne faisons livrer un repas puis nous écroulons, vers dix-sept heure, de sommeil.

Zhuhai, d’en haut !

Les deux derniers jours de vacances qu’il nous restait nous ont suffit à nous remettre de cette merveilleuse aventure, mais lundi Julie avait encore des courbatures !

La visite de Zhuhai n’est toujours pas finie. Non seulement, nous souhaitons aller voir ce lac turquoise de plus près ; mais aussi, nous n’avons jamais été à cet immense opéra en forme de coquillage après avoir dîné dans ce luxueux restaurant en forme de temple traditionnel sur un bateau ; nous n’avons en fait jamais pris de bateau pour nous rendre sur d’autres îles environnantes ; nous n’avons pas encore mis les pieds sur une plage ; nous ne sommes pas allés à l’immense parc d’attractions et aquarium Chimelong ; nous n’avons toujours pas enfilé de combinaison de plongée pour aller dire 你好 aux poissons ; nous ne sommes pas allé perdre tout notre argent aux jeux à Macao ; nous n’avons pas vu la Fille du Pêcheur de près ; nous n’avons assisté à aucun match de basket de l’équipe locale ; nous ne nous sommes jamais vraiment baladés à Gongbei, Jida, et Xiangzhou, les autres quartiers de la ville ; nous ne nous sommes pas ressourcés aux sources chaudes du coin ; et nous n’avons toujours pas vécu non plus tant d’autres folles aventures que nous n’imaginons pas encore !

4 réflexions sur “L’anniversaire de Mao”

  1. Finalement, c’est vraiment les vacances ! vous nous décrivez des lieux et des moments paradisiaques. Je suis vraiment heureuse pour vous que vous vous plaisiez autant à Zhuhai. Bises.

    Môman

  2. Et bien moi je souhaite un joyeux anniversaire et un joli moi d’octobre à Julie, avec du retard…pardon…mais avec des milliers de gros bisous

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