Les désastreuses aventures de Français en Chine. Partie 2.

La visite de Zhuhai et les festivités de Noël terminées, il est temps pour nos visiteurs et le Chlorudium de partir à Zhangjiajie. Le voyage a commencé par une première étape en bus vers l’aéroport de Canton, expérience riche en sensations grâce à notre chauffeur fou chinois. Le Chlorudium immunisé à ce genre de conduite mortelle, n’a pas sourcillé. Il en était tout autre pour les Français qui sont restés tout le trajet les yeux grands ouverts, rivés sur la route, priant à chaque virage pour que le voyage ne se termine pas précipitamment. Excepté Jade qui a passé son temps à dormir, malgré les secousses, en effet elle s’était battue toute la nuit avec des dizaines de moustiques, remportant le combat final en en tuant cinq, mais finissant au tapis avec un oeil tuméfié et exténuée.

Après un vol sans encombre, le froid du Hunan nous glace dès la sortie de l’aéroport. Une cohorte de chauffeurs de taxis nous assaille afin de nous emmener à notre hôtel réservé sur Booking. Début des problèmes! Ils s’aperçoivent que l’hôtel en question est fermé, après avoir essayé de nous extorquer 300 Yuans pour le trajet. Ayant du mal à les croire et pensant à une arnaque de leurs part, nous contactons Booking qui nous confirme sa fermeture. La panique commence à envahir Emeline, Chloé et Blandine s’acharnent sur Booking qu’elles jugent responsable, Guillaume garde son flegme habituel, Jade résiste à son envie de fumer,  tandis que Titi et Rudy sont très excités de cet imprévu dans leur soif d’aventure et décident de prendre les choses en main.

Wulingyuan, notre destination, se trouve à plus de cinquante kilomètres, nous nous trouvons en plein coeur de la Chine, Julie n’est pas là, il va falloir se débrouiller. Le taxi étant un moyen de transport trop simple d’après Titi et Rudy, le mode de transport sera le bus, c’est bien plus marrant et moins cher.

Premier objectif, la gare de Zhangjiajie! Le premier bus nous dépose bien dans Zhangjiajie, petite ville de campagne de 700 000 habitants. Il faut bien rappeler que tous les panneaux sont écrits en caractères chinois et non en alphabet, ce qui rend les choses bien plus compliqué que ce que vous pouvez imaginer. Etant perdu, ne sachant pas quel bus prendre ni où s’arrêter, Titi commence une dure négociation avec un jeune couple de passants ne parlant bien sûr pas un mot d’anglais. Ceux-ci tentent de nous expliquer, mais très vite s’aperçoivent de notre désarroi et utilisent leurs application bancale de traduction pour essayer de nous dire quelque chose. Il nous montre leur écran et nous lisons « let me go », déçus nous tournons les talons afin de les laisser tranquille. Ils nous rattrape, étonnés de nous voir partir, ils comprennent qu’il y a erreur de traduction, ils souhaitaient finalement nous guider jusqu’à la gare routière. Ils nous ont fait passer par des endroits improbables mais nous sommes arrivés à bon port.

A la gare routière, nous demandons à nouveau des indications, et encore une fois en Chine, une dame nous indique le bus qu’elle prend comme étant le notre. Mais, nous ne sommes plus dupes désormais et nous vérifions auprès d’une autre personne, ce n’est en effet pas du tout le bon bus, si on peut utiliser le terme « bus ».

Nous avons serpenté dans les montagnes, dans ce bus en décomposition, pendant 1h30 avant d’arriver à Wulingyuan. Par chance, le premier hôtel visité fut le bon. Les chambres sont spacieuses, les lits nous tendent leurs oreillers bien moelleux, mais le froid est toujours dominant, le carrelage est glacé, le chauffage n’est pas en marche, l’ambiance familiale de cet hôtel nous apporte néanmoins la chaleur manquante.

Très vite nous allons boire un thé pour nous réchauffer, mais cela ne suffisant pas, nous allons nous acheter gants et bonnets afin de survivre à cet ambiance glaciale.

Une fois équipé, quoi de mieux qu’un bon massage des pieds pour terminer la journée? L’unique masseuse du salon nous accueille et nous demande de nous assoir le temps de passer un coup de téléphone. Puis c’est le défilé, elles arrivent toutes une par une jusqu’à que nous ayons tous notre masseuse personnelle. Installés confortablement dans les fauteuils, le massage peut commencer. Au premier touché, la torture commence, ce moment que l’on attendait si relaxant fut une monté en puissance de douleurs finissant par être à la limite du supportable.

Attente des masseuses

Le « massage » chinois terminé, nous avons boité jusqu’à un restaurant. En chemin, la culture locale nous ouvre ses bras avec des danses de rue pratiquées tous les soirs par une centaine d’habitants, pour le plus grand bonheur de Blandine dont les pieds subitement ne la faisait plus souffrir. Elle ne voulait plus repartir, nous suppliant à chaque chanson d’en faire juste une dernière.

Le lendemain matin, le froid reprit de plus belle. Nous partons de bon coeur à la conquête des montagnes suspendues à l’instar de Jake Sully dans Avatar. Le temps fait légèrement des siennes, des nuages épais sont au dessus de nos têtes. Nous imaginons les traverser et voir des pics émerger d’une mer de nuages. La réalité nous rattrape rapidement, dès la sortie du téléphérique nos yeux ont du mal à s’habituer au paysage d’un blanc immaculé. La visibilité est réduite à une vingtaine de mètres, ces montagne tant attendues préfèrent aujourd’hui garder leur intimité. 

Nous sommes très déçus mais pas encore vaincus. Malgré le froid, le brouillard et la pluie qui s’est invitée par la suite, la balade dans le parc nous en a mis pleins les yeux. Le temps s’étant un peu dégagé au fil de la journée, les montagnes étaient de plus en plus visibles. L’une des attractions du parc consiste à prendre un ascenseur montant ou descendant à flan de montage, vitré pour admirer la vue. L’ascenseur était presque plein à notre arrivée, et la queue presque inexistante, nous nous permettons d’expliquer à la gardienne que nous prendrons le prochain. Celle-ci ne répond pas vraiment et attend le regard dans le vide sans trop savoir quoi faire. Quelques minutes plus tard nous remarquons que l’ascenseur n’est toujours pas parti, que la queue se remplit et que tout le monde nous regarde avec des yeux de poisson sans aucune compréhension de ce que nous sommes en train de faire mais personne ne daigne nous poser la question. Encore quelques minutes plus tard, toujours sans aucune intervention de qui que ce soit, 3 gardiens supplémentaires sont arrivés pour essayer de comprendre le « problème » toujours sans nous adresser un mot. Nous finissons par décider de monter dans l’ascenseur puisque personne n’essayait de s’intéresser à notre demande, attendant sans broncher que les choses se fassent toutes seules. Dans l’ascenseur la vue n’est encore une fois pas celle qu’on attendait : mèches, cheveux et bonnets remplacent les montagnes. Ceci a valu un petit scandale de Blandine en Anglais qui nous à bien fait rire.

Une armée de singes sauvages nous attend au pied de la montagne, à la recherche d’un peu de nourriture que les touristes laisseraient tomber par « mégarde ». L’apparence est parfois trompeuse, derrière leur bouille d’amour se cache une grande agressivité au moindre croisement de regard. Rudy, jouant les héros, a volé au secours d’une demoiselle en détresse qui était poursuivie pas l’un d’eux. Monsieur le singe n’ayant pas réussi à voler le gâteau souhaité s’est mis dans une colère monstre, soutenant le regard de Rudy, près à lui bondir dessus dès la première occasion. Cet « affrontement » nous aura valu un débat enflammé le soir, pariant sur le vainqueur si l’un des deux était allé plus loin. Rudy reste persuadé qu’il l’aurait « éclaté ».

Bébé singe trop mignon
La grotte aux milles couleurs

Le lendemain matin, nous faisons une ballade aux pieds des montagnes. La vue est dégagée, le brouillard a cédé la place à une neige légère. C’est une grotte aux milles couleurs que nous visitons ensuite, mais l’accès n’a pas été facile. Une chinoise locale tenant un stand au milieu de nul part nous l’a d’abord indiqué en haut des montagnes ce qui nous semblait plutôt étrange. D’autres Chinois croisés sur la route nous l’indique comme étant à l’extérieur du parc. La balade finie, ne trouvant pas de bus pour y accéder, un Chinois dans une boutique de souvenir nous propose de nous y amener pour 10 Yuan par personne. Après à peine pas deux minutes de voiture il nous montre le bus à prendre, ce bus ne nous a pas déposé à la grotte mais devant notre hôtel!! Cela nous a conduit encore une fois à une bonne partie de rigolade. Grotte trouvée et visitée, elle était en fait très proche de notre hôtel, nous rentrons nous réchauffer à l’hôtel, préparant nos affaires pour notre retour à Zhuhai le lendemain.

Avant notre départ, nous avons visité la ville de Zhangjiajie et fait quelques boutiques.

A Canton, nous courons prendre le dernier bus pour Zhuhai, laissant Emeline et Guillaume se perdre dans les méandres de l’aéroport cherchant désespérément la « Gate 26 » pour monter dans la navette de leur hôtel avant leur retour en France du lendemain. Une description d’Emeline et Guillaume était nécessaire pour que la personne venant les chercher les reconnaisse. La couleur des cheveux, des manteaux et des valises ne semblait pas leur suffire, Emeline a proposé de les attendre en chantant et dansant la chenille pour leur faciliter la tache.

Malgré tous les imprévus et l’absence de Julie nous nous en sommes sorti sans encombre. Heureusement que Rudy était là pour parler un peu le chinois même si il lui arrivait de temps à autre de demander des supermarchés aux serveuses au lieu de demander des cuillères.

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