À l’assaut des Dong

Nous sommes levés à 7h au cri du coq, qui en réalité s’égossillait depuis 4h du matin. Après un petit-déjeuner matinal, nous partons en vadrouille à pied le long de la rivière.

Chengyang regroupe huit petits villages de la minorité Dong le long d’un ruisseau qui s’écoule dans la montagne. Outre de multiples ponts rudimentaires de bric et de broc qui le traversent, nous découvrons des ponts impressionnant qui constituent la particularité de ces bourgades et du canton de Sanjiang.

Ces ponts, véritables lieux de vie du village, sont couverts, imposants et magnifiques. On les appelle les ponts de la Pluie et du Vent.

Toutefois, le coeur de l’animation se trouve à la tour du tambour où l’on affiche aussi un poster de Mao et les nouvelles du Parti. Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas de tambours dans ces tours.

Tour du tambour

Ces villages d’aspects médiévaux sont reliés par des chemins traversant des plantations de riz et de thé qui évoquent la Comté des Hobbits.

La Comté

Nous traversons ainsi six premiers villages, encerclés par les poules et dévisagés par les autochtones qui sont souriants et nous saluent joyeusement. La bruine n’a pas cessé de nous glacer depuis ce matin et malgré la marche, nous avons de plus en plus froid. Par ailleurs, Julie est en mauvaise posture, une fois n’est pas coutume : sa vieille tante est venue la voir, comme disent parfois les Chinois, et elle a de plus en plus mal au ventre.

Il est 11h30, nous décidons de marcher jusqu’au septième village tranquillement mais sûrement avant de s’arrêter manger, certain de trouver foison de victuailles comme dans les villages précédents. Nous arrivons donc à Pingdan après avoir longé une route désagréable. C’est un village beaucoup plus grand et moins pittoresque que les six précédents. Ce ne sont ni les maisons aux toits traditionnels chinois, ni les potagers, colorés malgré l’hiver, auxquels les six villages précédents nous avaient habitués, qui entourent la tour du tambour de Pingdan. Ce sont des blocs de béton vétustes. Les habitants vaquent à leurs occupations, dépeçant en plein milieu de la rue un cochon et un boeuf sans lever le regard. Nous cherchons désespérément où manger pendant que Julie se tord encore et encore de douleur. Nous interpelons une dame d’un certain âge qui nous ignore royalement. Désespérés, nous errons dans ce village tels des fantômes affamés. Une petite fille finit par nous dire « Hello ». Nous répondons et demandons à sa mère où trouver à manger. C’est une dame bien mieux habillée que les autres villageois, probablement revenue de la ville avec sa fille pour les festivités du nouvel an. Elle parle un mandarin parfait et nous dit gentiment qu’il n’y a pas de restaurant ici.

Pingdan

Dépités, nous repartons en direction des autres villages, les estomacs commençant à se tordre de faim. Arrivés à un croisement, deux choix s’offrent à nous : retourner vers les six premiers villages ou visiter le huitième village. Devant les cris de souffrance de Julie, nous rebroussons chemin vers ces villages plus accueillants, afin de trouver où manger sur la route. Après un austère mais nourrissant repas, nous arrivons à l’auberge vers 14h30 et profitons du temps qu’il nous reste et de la chaleur du poêle pour rattraper notre retard sur le blog. Les trois aubergistes et leur fille Ranran de 3 ans sont adorables. Elles nous préparent un dîner délicieux.

À 19h, nous repartons pour la gare avec une heure d’avance au cas où nous aurions des mésaventures sur la route. Nous arrivons donc avec une heure d’avance à la gare. Et là ! c’est le drame ! Deux supérettes ouvertes, mais aucune bière en vente !

Notre chemin se poursuit en direction de Guiyang où nous passons une bien courte nuit chez l’habitant. En effet, le départ est prévu à 5h30 le lendemain matin. Tengyun nous reçoit chez lui vers 11h du soir et passe un moment très agréable avec nous.

Il réside au dernière étage d’une résidence miteuse mais son appartement est magnifique. Il possède une terrasse où il a disposé tous ses cactus et autres plantes ce qui rend l’endroit très chaleureux. Assis tous les cinq autour du poêle, nous parlons de voyage et de randonnée. Tengyun a l’air de s’y connaître. Il nous parle de beaucoup d’endroits que nous espérons avoir le temps de visiter. Une chose est sûre : nous retournerons le voir et visiter la ville de Guiyang en mai ou juin quand il fera 40 à Zhuhai et 25-30 à Guiyang.

2 réflexions sur “À l’assaut des Dong”

  1. Que d’aventures ! Que de beaux moments passés ! Continuez à bien profiter et continuez à nous faire partager vos expériences. J’ai hâte de vous retrouver.
    Môman

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