Aventures dans le Guizhou

Guiyang, où nous venions de passer la nuit, est la capitale du Guizhou. Le train du lendemain matin nous a déposé à Kaili, ville dont la description dans le guide commence par « aussitôt arrivés, vous n’aurez qu’une envie : repartir ». Nous n’avons finalement pas du tout eu ce ressenti. Il s’agit d’une ville chinoise classique. La municipalité semble avoir fait beaucoup d’efforts pour la rendre agréable et jolie. On y trouve probablement les plus beaux lampadaires de Chine. On y croise des femmes Dong et Miao coiffées traditionnellement, une fleur magnifique dans les cheveux.

Impossible de trouver un hôtel ou une auberge pouvant recevoir les étrangers à Kaili. Après moultes tentatives infructueuses dues au nouvel an chinois qui se rapproche de plus en plus, nous avons fini par trouver un appartement à louer via AirBnb. Notre première journée pourrait se baptiser officiellement « journée de la glande ». Alors que Henry rattrapait ses heures de sommeil, nous avons fait un petit tour en ville. Notamment, nous sommes passés par une reconstitution de village Dong qui possédait évidemment sa tour du tambour. Le soir, Julie s’est liée d’amitié avec la vendeuse de la supérette où nous logions, Qinqin. Nous nous sommes empiffrés de pop-corn pendant qu’elle nous donnait des conseils de tourisme. Le temps commençait à devenir long, surtout lorsque Qinqin se retrouve au téléphone nous laissant avec son conjoint qui ne dit pas un mot. Le malaise grandit d’autant plus lorsqu’il commence à errer dans le magasin faisant mine de s’intéresser aux marchandises, nous fuyant de manière évidente. Et là vient la terrible erreur : à manger mécaniquement des pop-corns, nous finissons le plat. La signification évidente pour tout Chinois est qu’il n’y avait pas assez à manger, poussant Qinqin à interrompre sa conversation téléphonique pour nous resservir une bol encore plus grand que le précédent. Quelque peu désespérés, nous cherchons la moindre échapatoire pour pouvoir aller dormir et sortir de cette malaisante situation, nous nous tenons à carreau et une fois les verres de thé et les plats terminés (sauf les 10% de rigueur pour ne pas voir la même situation se reproduire) et réussissons enfin à filer.

Écoutant ses recommandations, après une indécente grasse matinée, nous avons visité le village Miao de Xijiang à une petite heure de route de la ville. Chez les Miao aussi le village s’articule autour d’une rivière traversée par des ponts de la pluie et du vent. En revanche, il n’y a pas de tour du tambour dans cette minorité. À notre retour en ville, après le repas, nous sommes allés profiter d’un massage de luxe.

Pour notre dernier jour à Kaili, nous nous rendons à Leishan. Il semblerait qu’il existe des chemins agréables, longeant la rivière et traversant d’autres villages Miao plus authentiques, qui mènent à Langde. Nous voilà marchant le long d’une route à 90 sur notre gauche, un ravin sur notre droite et la rivière en bas. Nous traversons un premier village Miao, où chaque habitant semble terré chez lui. Nous rejoignons rapidement la grande route où les voitures roulent à fond, sans guerre de place sur le bas-côté pour marcher. De l’autre côté, un chemin piéton semble en construction. Traversant un pont, nous nous engageons dedans. Les travaux n’étant pas finis, après s’être aventurés pendant une centaine de mètres au-delà d’une barrière de travaux, nous devons faire preuve de dextérité pour rejoindre la route. Nous la suivons pendant encore une bonne demi-heure puis appercevons un sentier qui grimpe sur la montagne de l’autre côté. Il serpente entre les rizières et mène à une bourgade. Les habitants sont chez eux et préparent le nouvel an. Les enfants jouent dehors et nous interpellent, fascinés comme souvent de ces extra-terrestres débarquant sur leur terre. Nous continuons notre chemin car, désormais, le temps presse : le train de ce soir ne nous attendra pas ! Nous redescendons par une petite route pour rejoindre la départementale. Langde est encore loin. Nous décidons d’appeler un taxi ici, au milieu de nulle part, constatant que nous ne serons pas capables d’arriver à temps à bon port. Évidemment, cette tentative échoue. Nous sommes vraiment dans une zone déserte entre deux minuscules villes sans intérêt. Nous n’envisageons plus qu’une solution : l’auto-stop. Une voiture finit par s’arrêter et nous ramène (gratuitement !) à Leishan d’où nous prenons un bus pour Kaili. Après avoir récupéré nos bagages chez Qinqin, nous filons à la gare et sautons dans le train pour Anshun. Ouf !

Nous passons la nuit chez une vieille dame qui fait revenir son gras dans un immense wok posé sur une plaque électrique à même le sol. Elle ne parle pas un mot d’anglais et ne fait aucun effort quant à son débit et son accent en chinois. À part ça, c’est une dame très sympathique et enthousiaste qui, elle aussi, est débordée de préparatifs pour le nouvel an. Elle nous indique comment nous rendre à Huangguoshu, les chutes d’eau auxquelles nous avons planifié d’aller.

Cette zone touristique est magnifique, et nous avons été bénis d’un soleil éclatant qui nous avait manqué jusqu’à présent (en effet, il s’agit bien du premier jour de beau temps depuis dix jours de vacances). Il nous est difficile de décrire la zone de Huangguoshu avec des mots : les images parlent d’elles-mêmes. Une chose est sure, c’est un lieu à ne pas manquer si vous passez un jour par le Guizhou. Après une longue balade, nous nous rendons de nouveau dans une gare. Cette nuit, nous ferons une courte étape à Kunming, capitale du Yunnan, avant de prendre un train de nuit pour Lijiang. Le voyage ne s’arrêtera pas là, car c’est seulement après cinq bonnes heures de bus que nous arriverons à notre prochaine destination.

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